ALTIA : 70 EMPLOIS MENACES A MEAUX

Publié le par la section PCF Meaux Dammartin Lizy

ALTIA

70 emplois menacés sur le site de l'entreprise ALDIA à MEAUX, cela ne devrait laisser personne indifférent compte tenu de la situation difficile de l'emploi sur la zone de Meaux où, en deux ans (2011/2013), le taux de chômage est passé de 8,0 % à 9,4 %. Curieusement, on n'a pas encore entendu sur le sujet, Mr Copé, député, président de l'UMP, maire de Meaux et président de la communauté d'agglomération du Pays de Meaux. Le journal La Marne, qui s'est quand même fendu de deux articles sur le sort de l'entreprise ALTIA, n'a même pas été en mesure de citer une seule fois dans ses articles le nom de Mr Copé. C'est dire !

Les promesses sur l'emploi que Mr Copé n'avait pas manqué de faire lors de la dernière campagne des élections municipales ne valaient sans doute que jusqu'au 30 mars 2014. Passées les élections, Mr Copé rejoint son camp : celui des des rapaces et des requins de la Finance.

L'histoire du groupe ALTIA est, en effet, révélatrice (une nouvelle fois) du comportement de ces patrons voyous qui pillent les ressources des entreprises et mettent à la rue sans ménagement leurs salariés. L'article de L'HUMANITE (26 avril 2014), reproduit ci-dessous, démonte les mécanismes de l'opération qui aujourd'hui met en danger les 720 emplois du groupe ALTIA dont les 70 du site de Meaux.

 

 

" Quand un groupe dominé par l’appétit financier mais dépourvu d’ambition industrielle cède cinq usines à des investisseurs américains sortis de nulle part et quand l’État, présent au capital, regarde ailleurs, les ouvriers placent leurs derniers espoirs dans le redressement judiciaire.

À ce stade, pour 720 salariés du groupe Altia, rien ne vaut un bon redressement judiciaire. À La Souterraine (Creuse), à Bessines (Haute-Vienne), à Meaux (Seine-et-Marne), à Beaucourt (Territoire de Belfort) et à Besançon (Doubs), dans les cinq usines de la division emboutissage de l’équipementier automobile, la perspective n’effraie pas, loin s’en faut. Alors qu’hier en fin d’après-midi, le tribunal de commerce de Paris devait statuer sur la mise en cessation de paiement, tous l’attendent avec l’espoir de sauver leur usine, leur emploi, leur peau. Un paradoxe ? Non, une affaire rocambolesque !

Pour les salariés, Altia, c’est l’histoire d’une longue descente aux enfers. Monté en 2008 par un trio de patrons sur les décombres de la division française d’Halberg, au sein de laquelle ils étaient eux-mêmes cadres dirigeants, le groupe a multiplié les opérations de croissance externe en rachetant pour une bouchée de pain, souvent, des boîtes en difficulté à la barre du tribunal de commerce. À deux reprises, les dirigeants d’Altia ont pu compter sur le soutien financier des pouvoirs publics qui sont du coup rentrés au capital de la holding : l’État a apporté lui-même les fonds nécessaires – deux fois 5 millions d’euros – pour rassasier leur appétit dévorant, d’abord via le Fonds de modernisation des équipementiers automobiles (FMEA), puis ensuite via le Fonds stratégique d’investissement (FSI), le mini-fonds souverain mis en place par Nicolas Sarkozy.

Dans les usines, les dirigeants d’Altia mettent en place un système purement financier qui revient à piller méthodiquement les ressources des entités rachetées. Selon les expertises réalisées ces dernières années, les flux financiers sont très déséquilibrés entre les usines et la holding. « Ils nous ont tout pompé, accuse Vincent Labrousse, délégué CGT à La Souterraine. Ils nous facturaient des frais de siège et nous faisaient payer des loyers très importants sur nos propres bâtiments, ceux qu’ils n’avaient même pas vraiment payés. Ils nous ont aussi saignés en faisant remonter la trésorerie au niveau du groupe, avant de nous reprêter l’argent qu’on venait de leur filer mais avec des taux d’intérêt de 7 à 8%.» Pour le syndicaliste, ce sont ces multiples mécanismes qui ont plongé les sites dans de très grandes difficultés : faute de trésorerie, l’entreprise a dû recourir à des services d’affacturage (factoring) qui permettaient d’être payés à la commande, mais qui prélevaient également une partie des bénéfices attendus. Une spirale qui a fini par rendre les usines totalement exsangues, au point même que les salaires n’étaient plus versés ces derniers mois en temps et en heure…

Depuis plus de trois ans, dans les usines d’emboutissage du groupe Altia, les salariés et les syndicats CGT, FO, CFDT, CFTC et CGC tirent la sonnette d’alarme. À la différence de l’État, qu’ils ont maintes fois interpellé, ils voyaient la catastrophe industrielle en gestation. Et quand, en début d’année, Altia a fini par annoncer son intention de céder leurs usines, ils ont, avec les constructeurs automobiles qui pâtissaient également de la situation, voulu saisir l’occasion de relancer leurs activités sur des bases plus saines. Des réunions ont lieu à Bercy ; l’affaire est suivie par le Comité interministériel de restructuration industrielle (Ciri) et ses représentants dans les régions ; la Banque publique d’investissement (BpiFrance), qui a hérité du portefeuille du FSI, et le FMEA sont à la table des discussions, tout comme Renault et PSA… Las ! Altia arrive avec son candidat à la reprise des usines. Et un nouveau scandale ne tarde pas à éclater. En une journée, le 11 avril, tout est bouclé. D’après les informations données aux élus du comité d’entreprise, le repreneur s’appelle Transatlantic Industries LLC. Il est présenté comme lié à un fonds d’investissement créé par un banquier américain, American Industrial Acquisition Corporation (AIAC). Mais quelques jours plus tard, le représentant en Europe du fonds dément toute implication. De son côté, BpiFrance regrette de n’avoir pas été associée au choix, malgré un pacte d’actionnaires qui le prévoyait.

Une fois encore, face à des « repreneurs » qui, avec leur boîte parfaitement opaque enregistrée il y a quelques semaines à peine dans le Wyoming, manifestement dépourvus des fonds nécessaires pour faire tourner cinq usines, ressemblent furieusement à des fossoyeurs, ce sont les salariés et leurs syndicats qui ont pris les choses en main. Après une discussion musclée, avant-hier, avec l’un des nouveaux patrons à Bessines, les ouvriers ont arraché son engagement de se retirer et de demander le placement en redressement judiciaire. « Altia voulait se dédouaner à bon compte, c’est raté, lance Vincent Labrousse. Si on nous avait écoutés depuis des années, au sommet de l’État, on aurait pu s’épargner cet épisode affligeant…»

Publié dans INFORMATIONS GENERALES

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