RETOUR SUR LES RESULTATS DU 1ER TOUR DES ELECTIONS LEGISLATIVES AU NIVEAU NATIONAL ET A MEAUX : UNE ABSTENTION HISTORIQUE ET UN ELAN BRISE

Publié le par la section PCF Meaux Dammartin Lizy

A lire et écouter les médias, le premier tour des élections législatives constituerait une grande victoire d’Emmanuel MACRON qui pourrait disposer d’une majorité plus que confortable à l’Assemblée Nationale avec plus de 400 députés. C’est sans doute ce qui sortira du second tour des élections législatives bien qu’on ne puisse exclure un rebond de mobilisation de l’électorat pour amoindrir la majorité « bleue Macron » qui s ‘annonce.

UNE ABSTENTION HISTORIQUE

Mais si Emmanuel MACRON pourra sans doute s’appuyer sur une large majorité à l’Assemblée Nationale, en est-il de même chez les électeurs ?  Rappelons qu’au premier tour de l’élection présidentielle, E. MACRON a obtenu 8 656 346 voix soit 18,19 % des inscrits. Autrement dit, 82 électeur(rice)s sur 100 n’ont pas le fait choix d’E MACRON, soit en s’abstenant ou en votant blanc ou nul (24), soit en votant pour un autre candidat (58). Autant dire que son assise électorale est faible et le premier tour des élections législatives ne s’est pas traduit par un élargissement de celle-ci puisque LREM n’a réuni que 7 323 496 voix soit 15,39 % des inscrits et une perte de 1 300 000 voix.

En fait, le fait politique majeur du premier tour des élections législatives réside bien dans le taux historique de l’abstention avec un nombre de votants inférieur à 50 %  (48,7 %), du jamais vu pour des élections législatives. Mais au delà de ce taux qui prend en compte les abstentionnistes de « toujours », plus significatif est de prendre en considération le nombre d’électeurs supplémentaires qui se sont abstenus aux élections législatives par rapport aux élections présidentielles. Ce sont 13 836 220 électeur(rice)s qui ont boudé les urnes le 11 juin alors qu’ils s’étaient déplacé(e)s le 23 avril soit près du double des électeur(rice)s de LREM. Si LREM a souffert de l’abstention, la plupart des autres formations politiques ont été également touchées et souvent dans une ampleur bien plus importante ce qui explique, si l’on s’en tient seulement aux exprimés, la relative victoire de LREM.

Dans les médias, cette abstention historique est évoquée mais de manière discrète, l’objectif étant de sur-valoriser le résultat de LREM et de marteler l’idée d’un engouement des électeur(rice)s pour E. MACRON après les élections présidentielles ce qui est loin d’être le cas.

Dans sa déclaration, le Conseil National du PCF évoque le contexte d’une abstention historique mais met surtout l’accent sur la nécessité de mobiliser les abstentionnistes du 1er tour pour faire élire le plus grand nombre possible de candidats de gauche. Une préoccupation légitime mais qui ne saurait conduite à s’abstenir de s’interroger sur cette désaffection sans précédent des électeur(rice)s pour le premier tour des élections législatives.

Si LREM a perdu des voix aux élections législatives par rapport au score d’E MACRON, tel n’est pas le cas de la droite qui retrouve ses électeur(rice)s avec un total de voix pour Les Républicains , l’UDI et les divers droite légèrement supérieur à celui de FILLON ce qui lui permettra peut être d’obtenir une centaine de sièges de députés. De même, le PS et EELV totalisent un nombre de voix supérieur à celui de B HAMON. En fait ce sont principalement le FN, Debout la République (DLR) et les forces qui ont soutenu JL MELENCHON qui enregistrent les reculs les plus importants. Moins 1 400 000 de voix pour DLR, moins 4 600 000 vois pour le FN et moins 3 950 000 voix pour la FI et le PCF.

UN ELAN BRISE

Il va de soi que ce qui nous préoccupe ce sont les 3 946 842 électeur(rice)s de JL MELENCHON qui se sont abstenus lors du 1er tour des élections législatives. Nous n’aurons pas ici la prétention de donner des explications définitives sur les raisons qui ont pu conduire ces électeur(rice)s, pourtant animé(e)s d’un grand espoir au soir du premier tour des élections présidentielles compte tenu des résultats obtenus par JL MELENCHON dans plus de 250 circonscriptions, à bouder les urnes le 11 juin.

Remarquons seulement le fait que les résultats du premier tour des élections législatives ont dynamité l’argument choc des ténors de la FI pour refuser des candidatures de rassemblement à savoir que la victoire ne pouvait s’obtenir qu’à la seule condition de se ranger derrière le programme, la charte et le logo de la FI. On a encore en mémoire des propos tels que ceux affirmant qu’un rassemblement des forces de gauche troublerait les électeurs de JL MELENCHON et dénaturerait ce qui avait fait la dynamique de sa candidature. 

Visiblement, près de 60 % des électeur(rice)s de JL MELENCHON n’ont pas compris le message. Un élan brisé, tel est le résultat de cette volonté hégémonique de la FI de vouloir s’approprier les électeur(rice)s de JL MELENCHON et de se considérer, à gauche, comme la seule force d’opposition aux politiques libérales et d’austérité. Mais aussi un gâchis considérable puisque cette déperdition de l’électorat de JL MELENCHON s’est accompagnée d’une multiplicité de candidatures qui a conduit à éliminer du second tour nombre de candidats de la FI et du PCF. Pour la FI qui se voyait déjà avec 100 ou 150 députés, il s’agit aujourd’hui de sauver les meubles ce qui explique sans doute l’appel de JL MELENCHON à voter au second tour pour les candidats de la FI, du PCF et même… pour des socialistes « frondeurs » ! 

LES RESULTATS A MEAUX

Les résultats des élections législatives à MEAUX sont, tout en tenant compte du contexte local marqué notamment par une forte implantation de la droite, globalement en adéquation avec les résultats au plan national.
L’abstention se situe à un niveau extrêmement élevé (58,72 %) en progression de 34 points par rapport au premier tour des élections présidentielles (24,81 %) et de 15 points par rapport au premier tour des élections législatives de 2012. Elle atteint des niveaux particulièrement élevés dans les bureaux de vote des quartiers populaires (Beauval, Dunant) avec des taux d’abstentions supérieurs à 65 % voire à 70 %. 

Par rapport au premier tour des présidentielles, tous les partis, à l’exception des Républicains, perdent des voix comme le montre les tableaux ci-dessous.
Cliquez sur les tableaux pour les agrandir

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Sur Meaux également, le positionnement anti unitaire de la FI a fait des dégâts dans l’électorat populaire. Alors que J-L MELENCHON était sorti en tête sur Meaux au soir du premier tour des élections présidentielles avec 25,86% des voix, la candidate de la FI se retrouve reléguée à la troisième place avec 14,71 % des exprimés et 15 points de retard sur les deux candidats de droite. Si l’on prend en considérations les scores cumulés de la FI et du PCF sur Meaux, ce sont deux électeurs sur trois de JL MELENCHON (65,7 %) qui se sont abstenus le 11 juin. Mais sur un quartier comme Beauval, la proportion est de trois électeurs sur quatre. Globalement, sur l’ensemble des bureaux de vote de Beauval, 518 électeur(rice)s ont voté pour la FI ou le PCF le 11 juin alors qu’ils avaient été 1 948 à voter JL MELENCHON le 23 avril soit une perte de 1 430 voix !

Face au refus des responsables locaux de la FI d’envisager une candidature commune, les communistes ont présenté une candidate, Coralie JOBELIN et mené une campagne active, concrétisée notamment par la distribution de 40 000 tracts dans la plupart des communes de la circonscription, autour de 5 axes :
- la lutte contre les inégalités et la relance des services publics
- l’emploi et un Code du travail favorable aux salarié(e)s
- une nouvelle République et un renouveau de la vie politique
- l’augmentation des salaires et la lutte contre la finance
- produire autrement pour l’humain et la planète 

Il est clair que le résultat du PCF n’est pas à la hauteur de nos espérances. Mais comme ils ont été présents avant les élections sur nombre de terrains de lutte au plan national comme au plan local (loi El Khomri, Terzéo…), les communistes de Meaux seront présents après les élections pour s’opposer à la casse du Code du travail par ordonnances, à l’augmentation de la CSG, à la suppression de 120 000 postes de fonctionnaires et à la remise en cause des services publics, à la restriction des libertés publiques et à l’amplification des politiques de soutien à la Finance. 
 

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